L’horticulture, dans le domaine de l’aménagement paysager, comporte son lot de challenges. La recherche de résultats rapides a souvent un effet perturbant. Parfois, on s’empêche de faire des essais, on achète des végétaux connus et on répète ce que l’on voit. Saviez-vous qu’on fait la plus grosse erreur?

Je m’explique.

Ce qui fait la complexité de l’horticulture, c’est que ce n’est pas noir ou blanc. Plusieurs éléments environnementaux auront un impact sur les plantes puisque chaque élément est interrelié : la température, le vent, l’humidité, le type de sol, l’hydratation du sol, la présence ou l’absence de micro-organisme, la luminosité, etc. C’est donc important d’observer ce qui se passe, s’adapter, innover et découvrir cette belle chimie qui se transformera au fil du temps.

Et si on osait tester nos environnements pour les découvrir? Oui! oui! C’est possible et c'est accessible pour tous. En plus, vous obtiendrez de meilleurs résultats à long terme.

Lexique

Quelle est la différence entre l’horticulture et l’aménagement paysager?

Horticulture
Selon le dictionnaire de l’Académie française, l’horticulture est l’art de cultiver les jardins, de pratiquer la culture des légumes, des fruits, des fleurs, des arbres ou des arbustes fruitiers et d’ornement.

Aménagement paysager
Selon Wikipédia, l’aménagement paysager est une discipline technique, artistique et scientifique, qui consiste à la requalification sanitaire et esthétique d’un sol en vue de lui adjoindre une plus-value répondant à des besoins sociaux. Celle-ci s’exécute autant par l’entretien des sols et des végétaux, que par leur conception et leur création, afin d’agencer les espaces verts selon les attentes des populations. On différenciera souvent l’aménagement paysager comme étant le travail pour ajouter des espaces de vie, des environnements vivables.

Comment lire les étiquettes

Dans les centres jardins, des étiquettes sont apposées sur les plantes que nous magasinons. Ces étiquettes donnent certaines informations mais parfois nous avons l’impression qu’elles sont erronées. En effet, elles ne disent pas toute la vérité. Elles mentionnent ce que la plante fera dans son milieu optimal, mais elles ne disent pas quel est ce milieu optimal. À ce stade, il nous manque souvent une information cruciale, qui est de toute évidence manquante.

Comment s’y retrouver?

La première chose à faire est d’observer. Prenez le temps d’analyser et de regarder votre milieu, l’endroit où la nouvelle plante se trouvera. Connaître sa zone de rusticité est un atout non négligeable. Par contre, ce n’est pas la règle parfaite.

Juste avec le changement climatique que nous connaissons depuis les dernières années, on découvre que certaines plantes étiquetées « Zoné 5 » fonctionnent à Québec (Zoné 4b). À cause de la magie de l’environnement, nous nous orientons de plus en plus vers la Zone 5.

Carte de rusticité du Canada*. Illustration : Ressources naturelles Canada

 

D’autre part, si nous désirons planter une plante de zone 6 dans un secteur zoné 4, notre plantation est vouée à l’échec, à moins de cultiver cette plante comme une annuelle. À l’inverse, on dit que les plantes zonées 1, 2 et 3 fonctionneront très bien dans des zones 4 ou 5. Par contre, j’ajouterais un petit bémol! Trop, c’est comme pas assez. Une plante zonée 1 ou 2 va préférer, de loin, les milieux plus arides des secteurs situés au nord. Les sortir de leur secteur de culture pourrait donner des résultats moins optimaux.

Note : Les chiffres présentés sur la carte montre le degré de rusticité des territoires. Vous aurez remarqué que plus le chiffre est petit, plus l’hiver est froid; plus il est élevé, plus l’hiver est doux.

*La carte illustrée ci haut est celle de 1961-1990. La dernière version 1982-2001, réputée pour avoir surestimer l’effet du réchauffement de la planète, n’a pas été acceptée par l’industrie horticole canadienne.

Mais que devons-nous observer?

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  • Y a-t-il des grands vents?
  • Une protection été comme hiver?
  • Les vents nord-ouest l’hiver vont-ils affecter ma plante?

Le vent est l’ennemi invisible de nos végétaux. Il peut être la source de nombreux casse-têtes puisqu’il amène un stress important en asséchant le sol, en augmenter l’effet du froid et peut favoriser la malformation (inclinaison des tiges). La protection des zones de plantation par l’ajout de plantes de type brise-vents plus rustiques, de structures et d’accessoires est une solution pour contrer les vents et permet d’y planter une plante qui est plus fragile.

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  • Y a-t-il un microclimat dans ce secteur?
  • Est-ce particulièrement chaud l’été? Très enneigé l’hiver?

La zone climatique de plantation.

Composer avec un microclimat permet d’augmenter la variété des plantes dans votre secteur et d’augmenter la production dans son ensemble. Un microclimat est la somme de conditions particulières telles que la lumière, le vent, l’eau, permettant d’avoir des plantes que nous n’aurions pas cultivées autrement, car l’environnement n’y est pas propice, dans une région distincte. Selon Wikipédia, le microclimat désigne généralement des conditions climatiques limitées à une région géographique très petite significativement distincte du climat général de la zone où se situe cette région.

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  • Dans quel type de sol je vais planter?
  • Est-ce un sol sablonneux, argileux, limoneux, une terre brune, un sol rocheux?

Le sol est l’élément de base pour votre culture.

Je vous invite à lire cet article qui explique bien l’importance de connaître son sol car c’est la base de votre projet et il aura un impact direct positif ou négatif sur sa réussite.

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  • Comment la lumière se propage dans mon secteur?
  • Combien de temps ai-je de soleil direct? Du soleil indirect (éclairage ombragé)?

La majorité des plantes connues ont besoin de lumière pour croître et se développer. Elles l’utilisent aussi comme source d’énergie pour la photosynthèse. Par contre, la lumière peut être un enjeu dans certains cas, car qui dit lumière, dit également chaleur. Selon l’orientation de notre secteur, on utilisera des végétaux différents qui sauront s’adapter à ce microclimat.

Comment faire pour s’adapter?

  1. On peut changer la texture du sol en y incorporant de nouvelles matières. Souvent l’ajout de matière organique aidera plusieurs types de sol. Parfois du sable, du Peat Moss, et d’autres éléments ajoutés aideront le sol à faire son bon travail.
  2. Installer des brise-vents, construits de plantes très rustiques ou en produit inerte (treillis de bois, cabanon bien positionné, etc.)
  3. Ajouter un système d’irrigation avec minuterie
  4. Élaguer la zone pour faire entrer la lumière. Mais le plus simple est plutôt de choisir la bonne plante et la mettre à la bonne place. C’est ce qu’on doit essayer de découvrir.
  5. OSER tester et découvrir de nouvelles plantes et les incorporer aux autres plantes plus connues.

Il n’existe pas de recette miracle pour bien réussir nos plantations. Et je n’ai pas de baguette magique non plus dans ma poche. 😉 C’est avec mes 21 années d’expérience et de super clients que j’ai pu expérimenter et apprendre. Donc, soyez patient!

Le meilleur conseil que je peux vous recommander, c’est de prendre le temps d’observer ce qui se passe, de vous adapter selon les conditions observées et d’oser découvrir de nouvelles variétés.

C’est si amusant de découvrir une petite nouvelle plante… celle qui nous fait dire à haute voix : HOOO je ne la connais pas celle-là! 😊

Bon jardinage!